Travail & carrière
Jours fériés en intérim : paiement, ancienneté et règles applicables
Jour férié pendant une mission d’intérim : découvrez quand il est payé, pourquoi l’ancienneté ne compte pas et quelles règles vérifier.

Jour férié pendant une mission d’intérim : découvrez quand il est payé, pourquoi l’ancienneté ne compte pas et quelles règles vérifier.
Un jour férié chômé est payé à l’intérimaire lorsqu’il est compris dans sa mission et que les salariés de l’entreprise utilisatrice en bénéficient. Aucune ancienneté minimale ne peut alors être exigée. Si le jour est travaillé, une majoration n’est pas automatique, sauf pour le 1er mai ou si un accord applicable dans l’entreprise prévoit un avantage supplémentaire.
La bonne question n’est donc pas seulement « est-ce un jour férié ? ». Il faut aussi regarder les dates de la mission, le planning habituel, les règles de l’entreprise où vous travaillez et, enfin, la ligne portée sur votre bulletin de paie.
Jour férié en intérim : la règle à retenir
Votre employeur reste l’entreprise de travail temporaire, autrement dit votre agence. C’est elle qui établit le contrat de mission et verse votre salaire. Pendant la mission, vous travaillez toutefois dans une entreprise utilisatrice, dont certaines règles collectives déterminent ce qui se passe lorsqu’un jour férié arrive.
Le Code du travail prévoit un principe spécifique au travail temporaire : le paiement des jours fériés est dû à l’intérimaire, indépendamment de son ancienneté, si les salariés de l’entreprise utilisatrice en bénéficient. Cette règle évite qu’une mission courte vous prive du paiement accordé aux salariés permanents.
Deux vérifications sont donc décisives :
- le jour férié se situe bien à l’intérieur des dates de votre mission ;
- les salariés comparables de l’entreprise utilisatrice bénéficient de ce jour chômé et payé.
Vous retrouvez le cadre général du statut dans notre point sur les droits et obligations d’un intérimaire. Pour les règles nationales communes à tous les salariés du privé, la fiche officielle sur les jours fériés et les ponts permet aussi de distinguer jour férié, jour chômé et journée de récupération.
Un jour férié non travaillé est-il payé ?
Oui, lorsqu’il est normalement chômé dans l’entreprise utilisatrice, qu’il tombe sur un jour où vous auriez dû travailler et qu’il est compris dans votre mission. Le paiement correspond aux heures que vous auriez normalement effectuées ce jour-là.
Exemple simple : votre contrat court du lundi au vendredi pendant plusieurs semaines. Un jeudi férié est chômé et payé pour l’équipe dans laquelle vous êtes affecté. Vous ne travaillez pas ce jeudi, mais l’agence doit normalement le rémunérer sans vous imposer trois mois d’ancienneté.
Si le jour férié tombe sur votre repos habituel
Un jour férié qui coïncide avec un jour où vous ne deviez pas travailler n’ouvre pas, par principe, droit à une journée de salaire supplémentaire. Si votre planning habituel va du lundi au vendredi et que le jour férié tombe un dimanche, vous ne récupérez pas automatiquement un jour de repos.
Une convention collective, un accord d’entreprise ou un usage peut être plus favorable. Voilà pourquoi il faut comparer votre situation avec celle des salariés de l’entreprise utilisatrice, plutôt que d’appliquer une règle générale trouvée sans contexte.
Si la mission commence après ou finit avant le jour férié
Le paiement n’est pas automatique lorsque le jour férié se trouve hors de la période couverte par le contrat. Une mission terminée la veille ne crée pas, à elle seule, un droit au paiement du lendemain. De même, un contrat qui commence après le jour férié ne couvre pas cette date.
En cas de contrats successifs séparés uniquement par le jour férié, demandez à l’agence comment elle qualifie la situation. Les dates écrites, les avenants, la continuité réelle du poste et les règles conventionnelles peuvent compter. Ne vous fiez pas à une réponse orale approximative : faites confirmer le traitement prévu par écrit avant la paie.
Jour férié travaillé : êtes-vous payé double ?
Non, pas automatiquement. Pour un jour férié autre que le 1er mai, le Code du travail n’impose pas une rémunération doublée dans toutes les entreprises. Vous percevez au minimum la rémunération correspondant aux heures travaillées. Une majoration, une prime ou un repos compensateur peut s’ajouter si la convention collective, un accord ou une règle interne le prévoit.
L’intérimaire doit bénéficier des conditions applicables au poste dans l’entreprise utilisatrice. Si les salariés concernés obtiennent une majoration pour ce jour férié travaillé, l’agence doit en tenir compte dans votre paie. Demandez quel texte ou accord encadre cette majoration et vérifiez qu’elle correspond bien à votre service, votre horaire et votre poste.
Le 1er mai suit une règle particulière
Le 1er mai est, en principe, obligatoirement chômé. Certaines activités qui ne peuvent pas interrompre leur fonctionnement peuvent néanmoins faire travailler leurs salariés ce jour-là. Dans ce cas, la personne qui travaille reçoit, en plus de son salaire habituel, une indemnité égale à ce salaire. Le 1er mai travaillé est donc payé double au sens strict.
Pour les autres jours fériés, ne transposez pas cette règle sans vérifier l’accord applicable. Le 8 mai, le 14 juillet ou le 11 novembre ne sont pas automatiquement majorés de 100 % par la loi.
Ancienneté, veille et lendemain : éviter les fausses règles
L’ancienneté est le point le plus clair : pour le paiement d’un jour férié en travail temporaire, l’agence ne peut pas vous opposer une durée minimale lorsque les salariés de l’entreprise utilisatrice bénéficient du paiement. Une mission récente n’est donc pas un motif suffisant pour supprimer la rémunération.
On entend aussi qu’il faudrait toujours avoir travaillé la veille et le lendemain pour être payé. Ce raccourci est trompeur. Il n’existe pas de règle universelle à appliquer mécaniquement à toutes les missions. Une absence injustifiée autour du jour férié, une suspension du contrat ou une disposition conventionnelle précise peut modifier l’analyse, mais l’agence doit pouvoir expliquer le fondement retenu.
Si un jour férié disparaît de votre paie, demandez une réponse sur quatre points : le jour était-il dans la mission, était-il prévu comme travaillé, était-il chômé et payé pour l’équipe permanente, et quel texte justifie la retenue ? Cette méthode donne une discussion beaucoup plus utile qu’une contestation fondée uniquement sur le calendrier.
Les quatre situations les plus courantes
| Situation | Traitement habituel | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Jour férié chômé pendant la mission | Payé si les salariés de l’entreprise utilisatrice en bénéficient | Planning, dates du contrat et pratique de l’entreprise |
| Jour férié travaillé, hors 1er mai | Heures payées, sans doublement légal automatique | Convention, accord, prime ou repos prévu |
| 1er mai travaillé dans une activité autorisée | Salaire habituel plus indemnité égale | Nombre d’heures réellement effectuées |
| Jour férié sur un repos habituel | Pas de compensation automatique | Disposition collective plus favorable |
Le pont obéit à une logique différente. L’entreprise peut fermer un jour situé entre un jour férié et un repos hebdomadaire. Les heures non travaillées peuvent alors être récupérées selon les règles applicables. En revanche, les heures perdues du fait d’un jour férié chômé ne sont pas, en principe, récupérables.
Attention aussi à ne pas confondre un jour férié avec la journée de solidarité. Celle-ci répond à un dispositif distinct, détaillé dans notre article sur la journée de solidarité en intérim.
Comment contrôler votre bulletin de paie
Commencez par réunir le contrat de mission, les éventuels avenants, le relevé d’heures et le planning transmis par l’entreprise utilisatrice. Repérez ensuite la date du jour férié et le nombre d’heures que vous auriez dû effectuer.
- Contrôlez les dates de mission. Le jour férié doit être couvert par le contrat ou par un avenant.
- Vérifiez le planning. Distinguez jour normalement travaillé, repos habituel, absence et fermeture pour pont.
- Demandez la règle appliquée. L’agence peut se rapprocher de l’entreprise utilisatrice pour confirmer le traitement des salariés permanents.
- Repérez la ligne de paie. Selon le logiciel, le jour peut apparaître sur une ligne dédiée ou être intégré aux heures payées.
- Signalez rapidement l’écart. Envoyez les pièces utiles et formulez une demande précise, avec la date et le nombre d’heures concernés.
Notre guide du bulletin de paie intérimaire vous aide à contrôler l’ensemble des lignes. Pour replacer le jour férié dans la rémunération globale, consultez aussi les explications sur le salaire en intérim, l’IFM et les congés payés.
Un message efficace reste factuel : « Mon contrat couvre le jeudi concerné, cette journée figurait à mon planning et elle a été chômée pour mon équipe. Pouvez-vous me confirmer son traitement et, si nécessaire, corriger le bulletin ? » Vous donnez ainsi à l’agence les éléments nécessaires sans supposer la cause de l’erreur.
Questions fréquentes sur les jours fériés en intérim
Faut-il trois mois d’ancienneté pour être payé ?
Non. Le paiement du jour férié dû à un salarié temporaire ne dépend pas de son ancienneté lorsque les salariés de l’entreprise utilisatrice en bénéficient. Il faut toutefois que la date soit couverte par la mission et corresponde à une situation ouvrant droit au paiement.
Un jour férié travaillé est-il toujours majoré ?
Non. Hors 1er mai, une majoration dépend généralement de la convention collective, d’un accord ou des règles de l’entreprise utilisatrice. Le simple fait que la date soit fériée ne suffit pas à imposer un doublement du salaire.
Qui contacter si le jour férié manque sur la paie ?
Contactez d’abord l’agence d’intérim, car elle est votre employeur et édite le bulletin. Transmettez le contrat, l’avenant éventuel, le relevé d’heures et le planning. Si le désaccord persiste, demandez le texte appliqué et rapprochez-vous d’un représentant du personnel, d’une organisation syndicale ou du service public compétent pour obtenir une information adaptée.
Ces repères présentent les règles générales. Une convention collective, un accord d’entreprise, une situation d’absence ou la configuration exacte de contrats successifs peut conduire à un traitement particulier. Dans le doute, partez des documents écrits et demandez à l’agence une justification vérifiable.


